Cohérence, Cohésion, Clarté

Cohérence, cohésion, clarté : les trois mots qui ouvrent le 1er message du compte Twitter du 1er Ministre Manuel Valls, compte qui a été inactif pendant des mois.


Comme on peut s'en douter, ces mots n'ont pas été choisis au hasard. En politique, une attaque des plus usitées est l'argument de réthorique Ad Hominem. Dans ce mode, l'attaquant ne cherche pas à démontrer que l'orateur se trompe, mais que les propos qu'il tient ne sont pas cohérents avec ce qu'il a pu dire (ou faire) précédemment. On pourrait alors penser que la sagesse populaire s'applique : ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis ? Eh bien ce n'est nullement le cas : ce type d'attaque (qui encore une fois, ignore totalement le fond pour n'attaquer que la constance de l'orateur), est d'une efficacité remarquable, et la crédibilité de celui qui défend son point de vue est particulièrement entamée. En martelant que son message est cohérent, clair, bref, qu'il n'a pas changé d'avis, c'est exactement contre ce type d'attaque que le 1er ministre cherche à se défendre.

J'ai découvert cette technique avec un ami qui inconsciemment, s'en était fait le spécialiste : il prenait un malin plaisir à mettre en avant les inconstances de ceux qui s'opposaient à lui . "Tu ne peux pas dire que cela et ne pas faire ceci" était une phrase qu'il déclinait à toutes les sauces. Il parvenait ainsi presque toujours à déstabiliser ses interlocuteurs, lui donnant un avantage décisif. Cette réussite était très impressionnante, déconcertante.

On doit bien évidemment réfléchir à ce type d'attaque quand on défend un point de vue, et réfléchir à la cohérence globale de son message. Mais voici deux façons générique d'y répondre si vous êtes sollicités par surprise :

  • "En effet, j'ai changé d'avis. On dit bien que seuls les imbéciles ne changent pas d'opinion non ?.". Là, vous assumez le fait d'avoir modifié votre point de vue et en faites même une arme, en démontrant que vous avez l'honneteté de reconnaitre vos erreurs, et l'intelligence de les corriger.

  • "En quoi est-ce incompatible ? En quoi le fait d'avoir dit ça m'interdirait d'agir de la sorte ?". Là, il s'agit d'obliger votre interlocuteur à démontrer le lien logique et les incohérences qu'il prétend dénoncer. La plupart du temps, il renoncera, ou sera en difficulté pour y parvenir. S'il y arrive, vous pouvez utiliser la 1ière réplique (ou alors aussi vous inquiéter : votre raisonnement est peut être absurde après tout).

Les attaques Ad Hominem sont un des grands classiques de la réthorique et les politiques en sont friands. Vous ne pouvez pas aborder un discours important sans y être préparé, parce que face à un adversaire qui maîtrise ces techniques, vous n'auriez aucune chance, quelle que soit la justesse de votre propos.

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