Les leçons de motivation du football

Eté 2014 : le Brésil est éliminé 7 buts à 1 par l'Allemagne. Le Brésil et toutes ses stars ont fait une coupe du monde très moyenne. Mais de là a exploser en vol comme ils l'ont fait ... Certes, l'équipe n'est pas aussi forte que dans les éditions précédentes, mais elle dispose de stars, joue devant son public ... Tout les ingrédients sont normalement réunis pour à minimat, une belle prestation, et certainement pas pour une telle déroute.

Lorsque l'on étudie la Coupe du Monde de football, il est assez marquant de constater que lorsqu'une nation majeure du football (Italie en 90, Brésil en 2014, Allemagne en 2006 ...) accueille la compétition, elle l'emporte rarement. L'explication généralement acceptée, est que la pression subie est telle, qu'elle paralyse les joueurs au lieu de les aider à se surpasser. Ainsi, les joueurs brésiliens, pourtant très expérimentés, se sont d'un seul coup retrouvés à porter les espoir de 150 millions de personnes, à avoir une influence sur la politique nationale (la présidente du Brésil comptant bien bénéficier d'un regain de popularité en cas de victoire). Les voir au bord des larmes au coup d'envoi était annonciateur du désastre. Personne ne peut gagner un tournoi de ce niveau avec les tripes nouées par la peur.

A l'inverse, cette Coupe du Monde a vu l'éclosion d'équipes outsiders, jouant crânement leur chance, comme la Colombie par exemple.

Une expérience très connue des chercheurs en sciences sociales, consiste à faire s'affronter 2 groupes autour d'un petit jeu créatif. Les performances sont chronométrées, mais l'un des groupes est en plus rémunéré en fonction de la vitesse à laquelle le problème est résolu. Résultat ? Sous pression, les "joueurs" performent nettement moins que ceux pour qui le jeu reste un jeu.  Dan Pink en parle dans cette vidéo, un très grand classique de TED.


 Face à la pression, nous sommes potentiellement dans 3 zones différentes :

  1. faible pression/faible difficulté. Nous voilà dans notre zone de confort. Peu d'efforts nécessaires. Nous nous ennuyons en effectuant la tâche, qui peut même être baclée tant elle ne nous passionne pas.

  2. Pression élevée, difficultée adaptée. Nous voilà dans notre zone d'apprentissage. Un peu de stress, mais pas trop. La tâche retient notre attention, nous ne voyons plus le temps passer et nos performances peuvent être exceptionnelles.

  3. Pression très forte, difficulté trop élevée. Nous nous décourageons, nous rentrons dans notre zone de stress, et nos performances deviennent médiocres.

Un des challenges de tout entraineur d'équipe de football, et donc de tout manager, est de trouver cette zone d'apprentissage : maintenir un niveau de pression qui fait que l'on ne s'ennuie pas, que l'on est mobilisé, s'approcher le plus possible de la zone de stress, là où nos performances seront maximales, sans jamais, jamais rentrer dans la zone de stress, où elles vont s'effondrer dramatiquement.

Pour obtenir les meilleures performances possibles, qu'il s'agisse de vos équipes ou de vos enfants à l'école, il faut chercher à créer cette ambiance à la fois studieuse, mais aussi amusante. Les équipes qui gagnent la coupe du monde le disent toutes : elles n'étaient pas les super favorites, la pression était là mais sans excès, et surtout l'ambiance était bonne. Trop de pression détruit les performances, même des meilleurs du monde. Contrairement à ce que pensait l'entraineur de l'équipe du Brésil, en tant que leader, lorsque l'on vise l'excellence au plus haut niveau, une part importante de votre rôle consistera à faire baisser le stress de vos équipes pour qu'elles puissent réellement donner le meilleur d'elles mêmes.

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