Ignorer - Nier - Menacer - Avouer

Il arrive parfois que certaines personnalités, de la politique, du spectacle ... soient prises en flagrant délit de mensonge. On peut ainsi penser à Tiger Woods trompant son épouse, Amstrong se dopant pour gagner le tour de France, un ministre ayant quelques problèmes avec ses déclarations d'impôt, un maire au Canada qui consomme de la drogue, un président des Etats Unis qui a des relations inappropriées avec une stagiaire, tel sénateur américain qui tweete des photos de lui torse nu par erreur pensant s'adresser à une jeune femme, ou encore un chef d'Etat cinéphile qui préfèrerait garder son casque après une balade en scooter dans Paris ...

De façon très amusante, en cas de culpabilité, la réponse qui suit l'accusation suit systématiquement la même procédure :

  1. Le problème est ignoré. La stratégie tout simplement consiste à ne pas lui donner de publicité, à ne pas la crédibiliser et à espérer qu'un autre évènement dans l'actualité, viendra faire oublier l'accusation.

  2. Le problème est nié en bloc, avec férocité.

  3. On menace ensuite l'accusateur de poursuites (ou on "envisage les suites juridiques" ...), bien que vous le noterez, ces poursuites n'ont jamais lieu. Une légère variante consiste à charger l'accusateur des pires intentions afin de nuire à sa crédibilité, mais l'objectif est le même, convaincre l'audience de la malhonnêteté de l'attaquant.

  4. Puis on avoue, sans limite, dans une magnifique séance d'auto flagellation. On a déçu ses proches, on ne se reconnait pas dans ce comportement. Les larmes de repentir sont les bienvenues.

Culturellement, le français avoue rarement et on voit alors une variante qui consiste à laisser l'intérêt pour l'accusation s'essouffler auprès du public, qui finira bien par trouver un autre scandale. Aux Etats-Unis, les hommes politiques notamment n'hésitent pas à passer à l'étape 4 le plus rapidement possible : nier longtemps puis être démasqué ne leur est pas pardonné. Reconnaitre les faits vite, diminue fortement leur durée de vie médiatique et donc, leurs conséquences. Celles ci peuvent même être positives car il a été concédéune faiblesse (et cela renforce la crédibilité) et il a été fait preuve d'honnêteté.

Un contre exemple récent de l'affirmation comme quoi le français avoue peu, est celui de ce sénateur qui a vu révélé qu'il avait 18 000 euros d'amendes impayées. De façon très habile, il a reconnu immédiatement les faits et leur caractère inexcusable, a expliqué avoir eu des problèmes personnels graves à l'époque, s'est engagé publiquement à payer sa dette (ce qu'il a fait). Conséquence : l'histoire, bien qu'ayant provoqué un certain bruit, n'a pas duré longtemps dans les médias, et je suis prêt à parier qu'elle n'aura que des conséquences politiques mineures.

La méthode américaine de reconnaître immédiatement ses erreurs est moralement beaucoup plus respectable et elle parait en plus diablement plus efficace. Faute avouée, à moitié pardonnée ... L'actualité recente laisse penser à une américanisation de la communication politique. Est-ce que cette stratégie va se diffuser dans l'hexagone ? Nous le saurons prochainement.

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